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Equipage
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Patch de la mission 51-L
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Francis R. Schobee, 2ème vol, Commandant
Michael J. Smith, 1er vol, pilote
Judith A. Resnik, 2ème vol, spécialiste mission 1
Ellison S. Onizuka, 2ème vol, spécialiste mission 2
Ronald E. McNair, 2ème vol, spécialiste mission 3
Gregory B. Jarvis, 1er vol, spécialiste charge utile 1
Sharon Christa McAuliffe, 1er vol, spécialiste charge utile 2
Chronologie du lancement
28 janvier 1986, 11:38:00 heure locale, premier lancement
d'une navette depuis le pas de tir 39-B, le 39-A étant en service
depuis 1981. Le lancement était prévu le 22/01 à
15:43 puis reporté au 23/01 puis au 24/01 à cause de retards
pour la mission 61-C. Le lancement ne peut se faire le 25 car la météo
est mauvaise sur la piste d'atterrissag d'urgence à Dakar, Sénégal.
On ne peut utiliser la piste de Casablanca car elle n'est pas équipée
pour un atterrissage de nuit. Durant le compte à rebours du 28,
il y a une défaillance au niveau du système de remplissage
en hydrogène, nouveau report de 2 heures.

11:38:00, décollage. 0,678 seconde après
l'allumage des boosters, les photos montrent une fumée sombre
qui s'échappe du joint inférieur du booster à poudre
droit. Les analyses graphiques montrent que cela vient du secteur compris
entre 270° à 310°. Cette zone est face au Réservoir
Externe. Le joint n'est pas échanche.
8 autres fuites avec de la fumée de plus en plus
noire sont repérés entre +0,836 et +2,5 s. La fumée
sort du joint vers le haut. Les bouffées de fumée se forment
environ 4 fois par secondes, approximativement la fréquence dynamique
structurelle du booster en flexion avec les joints.
La couleur sombre et la composition dense de cette fumée
suggère que les joints et les anneaux en O sont en train d'être
brûlés et érodés par les gaz brûlants
de combustion du booster.
A environ + 37 s., Challenger a rencontrer la première
des multiples zones de turbulences jusqu'à + 64 s. Le vent créée
des forces sur le véhicule avec de larges fluctuations. Ceci
est immédiatement ressenti par les ordinateurs de bord qui vont
corriger la trajectoire. Le système de gestion de la poussée
des boosters (vérin qui orientent une tuyère) répond
à ces correctons les plus importantes rencontrées jusque
là dans les vols précédents.
A la fois les moteurs principaux et les boosters réduisent
leur poussée pour l'approche et le passage de la zone de pression
dynamique maximale de 5600 Pa (720 lb/sq ft).Ensuite, les moteurs sont
montés à 104 % de leur poussée nominale et les
boosters réaugmentent leur poussée. A ce moment, une première
flamme apparaît sur des photos à + 58,788 au niveau de
305° sur le joint du booster.
Une image plus tard sur le même film, la flamme
est visible sans réhaussement d'image, et forme une plume continue
à +59,262 s. Au même moment (+ 60 s.), la télémétrie
montre une différence de pression dans les chambres de combustion
des boosters droit et gauche. La pression de droite était plus
faible, confirmant l'hypothèse d'une fuite.
A cause des perturbations aérodynamiques, la flamme
est orientée vers la surface du réservoir externe. La
première indication que la flamme a touché le réservoir
est à + 64,660 s. quand la couleur de la fumée change
brutalement. Cela indique qu'il y a une fuite d'hydrogène. La
télémétrie annonce simultanément une baisse
de pression du réservoir à hydrogène. Dans les
45 ms qui suivent, la flamme se répend entre Challenger et le
réservoir externe.
A partir de + 72 s., une série d'événement
se produisent extrêmement rapidemement et conduisent à
la fin du vol. La télémétrie indique une importante
variété d'actions du système de vol qui montre
que la navette agonise et tentant de résister aux forces qui
vont la détruire.
A + 72,20 s., le lien réservoi externe // booster
droit est brûlé ce qui permet au booster de tourné
autour de son attache haute. Cela est enregistré par les capteurs
de mesure des accélérations sur les boosters qui indiquent
des données très différentes.
A + 73,124 s., la vapeur blanche entoure tout le bas du
réservoir d'hyrogène. C'était de début de
la destructuration du réservoir à hydrogène qui
s'achève avec la séparation du dome formant le fond de
ce réservoir. L'importante quantité d'hydrogène
libérée créée une poussée brutale
d'environ 11000 kN ce qui propulse le réservoir d'hydrogène
vers le haut dans l'intertank (zone entre les deux réservoirs).
Au même moment, le booster détaché percute la structure
de l'intertank et la partie inférieure du réservoir d'oxygène.
Ces structures cassent à + 73,137 avec l'apparition de vapeurs
blanches au niveau de l'intertank.
En quelques millisecondes, il y aune massive et explosive
combustion de tout l'hydrogène libéré par l'oxygène
qui fuit de son réservoir.
A ce moment, à la vitesse de Mach 1,92 et à
une altitude de 14 km, Challenger est totalement enveloppée dans
l'explosion. Les réservoirs internes de la navette sont touchés
et libèrent à leur tour leur combustible explosif. La
couleur rougeâtre de ces combustible est visible sur les photos.
Des sections séparées montrent l'arrière avec les
moteurs encore actifs, une aile de la navette et le fuselage avant avec
des lignes ombilicales qui en sortent.
L'explosion à + 73 s. détruit le véhicule
et tue l'équipage.
Conclusions
- les causes de l'explosion ont été identifiées
comme étant une défaillance du joint du booster droit
- la température ambiante froide est un facteur agravant
Corrections apportées
De nombreuses modifications ont été faites
à la fois sur les boosters et sur les navettes. Au niveau de
la politique, la NASA a décider surtout de ne plus se servir
des navettes pour satelliser des satellites commerciaux (et donc éviter
de mettre la vie des astronautes en jeu à chaque lancement).
Cependant, comme le programme de lanceur conventionnel avait été
abandonné au profit de la navette "miracle", les européens
ont récupéré la grande majorité des parts
de marché. Depuis, Arianespace est le leader mondial des lancements
commerciaux avec au moins 50 % du marché.
Au niveau des boosters, les joints ont été
réétudiés, et les anneaux en forme de C qui permettaient
aux boosters de ne pas exploser à cause de la pression des gaz
à l'intérieur ont été remplacés par
des anneaux en O plus solides. De même, les attaches entre le
réservoir et les boosters ont été améliorées.
En juillet 1987, le Congrès valide la construction
d'une navette de remplacement, Endeavour. Cette navette sera livrée
en Floride en 1991 et effectuera son premier vol en 1992. Elle dispose
d'un parachute, de freins en carbone plus performants et de nombreuses
améliorations dont bénéficieront rapidemment les
3 autres navettes.
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